Louise Dupré

Crédit photo : Toma Iczkovits

Louise Dupré, diplômée d’honneur du Département des littératures de langue française

Poète, romancière, dramaturge, essayiste, Louise Dupré a soutenu, en 1987, au Département, qui s’appelait alors d’études françaises, une thèse de doctorat intitulée « La nouvelle poésie québécoise au féminin de 1970 à 1980 : formes et significations ».

À cette époque, elle est déjà écrivaine et féministe. En 1975, elle participe à la création de Si Cendrillon pouvait mourir!, initiative de théâtre amateur et militant qui, à travers une suite de tableaux, questionne la femme-objet ou encore la vie de ménagère. Cette création, un des premiers shows de femmes au Québec, sera publiée en 1980 aux éditions du Remue-Ménage. Son premier recueil, La peau familière, sorti en 1983, lui vaut le Prix Alfred-Desrochers. D’autres recueils et de nombreux prix suivront : Noir déjà, pour lequel elle obtient le Prix de la Fondation les Forges en 1993, Plus haut que les flammes, qui lui vaut le Prix du Gouverneur général en 2011, et La main hantée, pour lequel elle remporte de nouveau le Prix du Gouverneur général en 2017. En juin 2018, elle a reçu le Prix Venus-Khoury-Ghata du Salon du livre de Paris décernée à une poète étrangère.

Parallèlement à la poésie, et en plus de plusieurs livres réalisés en collaboration avec des peintres et plasticiens, Louise Dupré a publié deux romans La memoria, qui lui vaut le Prix Ringuet de la Fondation Jean-H. Picard en 1997, et La voie Lactée. Elle est aussi l’auteure d’un recueil de nouvelles, L’été funambule, d’un récit, L’Album multicolore, consacré à sa mère, et de la pièce Tout comme elle, pour laquelle elle a remporté le Prix de la critique 2005-2006.

Jusqu’en 2008, Louise Dupré a été professeure au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Elle y a signé plusieurs études sur l’écriture des femmes, notamment Stratégies du vertige, paru en 1989. Elle est membre de l’Académie des Lettres du Québec et de la Société royale du Canada. En 2017, elle a reçu l’Ordre du Canada.

Plusieurs poèmes de Louise Dupré ont été traduits dans une douzaine de langues et son œuvre, commentée et étudiée au Québec, aux États-Unis et en Europe, est, sans conteste, l’une des plus importantes de la littérature québécoise contemporaine. Parmi les écrivains dont les voix émergent dans les années 1980, dans la mouvance formaliste et féministe de la revue La Nouvelle Barre du Jour où elle a publié ses premiers poèmes, Louise Dupré se distingue par la mise à l’épreuve de genres différents qu’elle aborde toujours en poète.

Dans son écriture de plus en plus épurée et dépouillée, le matériau de l’intime se heurte au fracas du monde incarné par la guerre, la violence ou le cataclysme. Une exigence éthique toujours plus affirmée traverse ses textes : celle du choix, contre et malgré tout ce qui s’y oppose, de la vie, de la beauté et du lien à l’autre.

Hommage rendu lors de la collation des grades de la Faculté des arts et des sciences - cérémonie du 27 août 2018 – 13h30.