Passer au contenu

/ Carrefour en culture et création numériques (C3N)

Je donne

Rechercher

Ressources numériques

Ressources de recherche — Mesurer et observer le vivant


Ces ressources permettent de capturer, enregistrer et observer des signaux humains, des interactions et des phénomènes microscopiques.

Logiciel d’analyse automatique des expressions faciales (Facet – iMotions & EmoConnect)

Le logiciel Facet, fourni par iMotions Inc., est un outil d’analyse automatique des expressions faciales permettant de détecter, image par image, la probabilité de présence d’unités d’action (FACS) ainsi que des émotions de base. Utilisé au sein de l’École de psychoéducation, il joue un rôle central dans les recherches dirigées par P. Plusquellec, qui portent sur la réactivité émotionnelle, la contagion affective et les mécanismes empathiques. L’équipe de recherche a par ailleurs développé EmoConnect, un logiciel accessible au grand public permettant d’utiliser cette technologie de reconnaissance automatique d’expressions faciales en téléchargeant simplement une application dédiée (www.emosciens.com). Cette combinaison de ressources traditionnelles (Facet) et d’outils innovants créés localement (EmoConnect) illustre le dynamisme scientifique du laboratoire et sa volonté de rendre les technologies émotionnelles plus accessibles. Ces outils ont notamment contribué à mieux comprendre les liens entre réactivité faciale, empathie et santé psychologique, comme l’illustre l’étude de Plusquellec, Smart et Denault (2023).

Facet et EmoConnect ouvrent la porte à des collaborations inédites entre chercheurs et artistes en permettant d’explorer la dimension expressive du visage de manière immersive. Ils pourraient servir à analyser les réactions émotionnelles du public lors de performances artistiques, d’expositions interactives ou d’expériences numériques sensibles, ou encore à créer des œuvres où les expressions faciales du spectateur génèrent en temps réel des formes, couleurs ou paysages sonores. Ces outils renforcent ainsi la vocation du Carrefour à devenir un espace où la science des émotions rencontre la créativité artistique, permettant de réfléchir autrement à la place du corps et du visage dans l’expérience esthétique.

Cartes de capture externe pour jeux vidéo (captation HDMI en haute qualité)

Les cartes de capture externe disponibles au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques permettent d’enregistrer et de diffuser du contenu vidéoludique en haute qualité. Ces dispositifs reçoivent le signal vidéo et audio d’une console ou d’un ordinateur externe via HDMI et le transmettent à un poste informatique pour enregistrement ou diffusion. Faciles à utiliser (branchement USB/USB-C), elles assurent une captation fidèle sans ralentir le jeu ou altérer l’expérience du joueur. Cette technologie est essentielle pour l’archivage des jeux vidéo, l’analyse des pratiques ludiques, la documentation d’œuvres numériques ou la réalisation de travaux de recherche sur l’expérience interactive. L’accès, situé au pavillon Lionel-Groulx (C-2080), est offert sous autorisation et encadré par l’équipe de Bernard Perron et Francis Lavigne.

Ces cartes de capture offrent au Carrefour une plateforme idéale pour explorer les hybridations entre arts numériques, performance et recherche. Elles permettent de documenter des séances de jeu ou des œuvres interactives afin de créer des montages artistiques, d’étudier les dynamiques attentionnelles ou émotionnelles des joueurs (en synergie avec des outils comme Facet ou EmoConnect), ou encore de développer des installations où le jeu capturé devient matière visuelle ou sonore. En facilitant la rencontre entre analyse scientifique et création numérique, cette ressource contribue à faire du Carrefour un espace où le jeu vidéo devient à la fois objet d’étude, matériau artistique et source d’innovation interdisciplinaire.

Microscope électronique à balayage Hitachi TM4000 (imagerie haute résolution)

Le microscope électronique à balayage (MEB) Hitachi TM4000 est un instrument d’imagerie haute résolution permettant d’observer des structures microscopiques avec un niveau de détail impossible à atteindre avec un microscope optique conventionnel. Contrairement à la microscopie classique qui utilise la lumière, un MEB fonctionne en envoyant un faisceau d’électrons sur un échantillon, ce qui permet de visualiser sa surface avec une précision extrême, souvent à l’échelle du nanomètre. Cet outil est utilisé en biologie végétale, en sciences des matériaux, en chimie et dans plusieurs domaines où la compréhension fine des textures, surfaces et morphologies est essentielle. Localisé à l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), il est accessible sur autorisation et accompagné par une équipe professionnelle afin de garantir la qualité des observations et la sécurité des manipulations.

Ce microscope offre un potentiel esthétique remarquable : il permet de révéler des formes, motifs et architectures invisibles à l’œil nu. Le Carrefour pourrait l’utiliser pour créer des galeries d’images microscopiques transformées en œuvres visuelles ou sonores, explorer la micro-esthétique du vivant, ou encore inspirer des artistes dans la création de textures, motifs et sculptures fondés sur des structures naturelles. Des résidences croisées science–art pourraient inviter des artistes à dialoguer avec des chercheurs pour transformer des images MEB en installations immersives, animations numériques, textiles expérimentaux ou impressions 3D dérivées de microstructures. Le MEB devient ainsi un outil pour rendre sensible l’infiniment petit et pour tisser des liens poétiques entre biologie, matière et création artistique.

Plateformes fNIRS–EEG et mesures physiologiques (CHU Sainte-Justine)

Les deux plateformes fNIRS–EEG situées au CHU Sainte-Justine combinent la spectroscopie proche infrarouge (fNIRS) et l’électroencéphalographie (EEG) pour mesurer simultanément l’activité cérébrale et les variations d’oxygénation du cortex. Pour les novices : le fNIRS détecte comment le sang oxygéné circule dans certaines régions du cerveau (indicateur d’activation), tandis que l’EEG mesure l’activité électrique à la surface du cuir chevelu. Ensemble, ces technologies permettent d’étudier le développement cérébral, la cognition sociale, les émotions et les interactions parent-enfant. Les plateformes incluent aussi des caméras en circuit fermé, des appareils physiologiques (rythme cardiaque, respiration, conductance de la peau), et un système stéréotaxique permettant de cartographier précisément les capteurs sur le crâne. L’accès est réservé à l’équipe de recherche, sous la responsabilité d’Anne Gallagher, spécialiste en neuropsychologie pédiatrique.

Le potentiel artistique de ces technologies est immense. Le Carrefour pourrait utiliser les signaux EEG, fNIRS ou physiologiques comme matériaux de création : transformer l’activité cérébrale en paysages visuels, convertir les variations d’oxygénation en textures lumineuses, ou générer des environnements sonores à partir de la respiration ou du rythme cardiaque. Des artistes pourraient collaborer avec les chercheurs pour concevoir des œuvres où le public voit — ou entend — sa propre activité cérébrale se déployer en temps réel, créant une forme d’esthétique neurophysiologique. Ces plateformes pourraient également soutenir des performances interactives où l'état émotionnel ou attentionnel des participants influence directement l’œuvre, incarnant parfaitement la mission du Carrefour : faire dialoguer science du vivant, subjectivité et création immersive.

Système d’enregistrement audio-vidéo Noldus avec analyse des émotions

Le système d’enregistrement audio-vidéo Noldus, installé au Pavillon Marie-Victorin (locaux D-306 et D-310), permet de capturer de manière synchronisée et en haute résolution des interactions humaines, notamment dans des contextes dyadiques tels que les relations de couple ou les échanges parent-enfant. Pour les novices, il s’agit d’un dispositif combinant caméras, microphones et logiciels spécialisés afin d’enregistrer finement les comportements, les indices non verbaux et les échanges émotionnels. Noldus comprend deux modules complémentaires : un logiciel de codification manuelle permettant aux chercheurs d’annoter image par image les comportements observés dans les vidéos (gestes, postures, expressions, synchronie), et un module d’analyse automatique des émotions qui détecte et quantifie certains indices affectifs (ex. expressions faciales). L’ensemble du système est principalement utilisé par l’équipe de Marie-Ève Daspe, professeure agrégée au Département de psychologie, en collaboration avec Katherine Péloquin et Sophie Bergeron. D’autres équipes de l’UdeM sont également détentrices de licences Noldus, notamment Karine Gagné (École de psychoéducation) et Pierrich Plusquellec, qui mobilisent cet outil pour l’étude des comportements sociaux et émotionnels. L’accès est restreint et se fait sous supervision des chercheuses responsables.

Grâce à la précision de ses enregistrements et à la richesse de ses annotations comportementales et émotionnelles, Noldus peut devenir un outil puissant pour la création artistique centrée sur l’humain. Les micro-expressions, les gestes, la synchronie interactionnelle ou les variations affectives détectées automatiquement pourraient être transformés en paysages visuels, en compositions sonores ou en installations interactives. Le Carrefour pourrait s’en servir pour explorer la poésie des interactions humaines, développer des œuvres basées sur la dynamique relationnelle ou encore inviter artistes et chercheurs à co-créer des dispositifs où les comportements réels captés par Noldus deviennent des matériaux expressifs. Cette ressource permet ainsi de relier analyse scientifique, subjectivité et création contemporaine, au cœur de la mission du Carrefour.

Système d’acquisition physiologique et eye-tracking (Biopac : Bionomadix & MP160)

Le système Biopac (modules Bionomadix et MP160), installé au Pavillon Marie-Victorin (local D-310), permet de mesurer avec précision les réponses physiologiques de deux participants simultanément. Pour les novices, il s’agit d’un ensemble d’appareils et de capteurs qui enregistrent des indicateurs corporels associés aux émotions, à l’attention ou au stress : le rythme cardiaque, le pouls, la respiration, l’activité électrodermale (mesure de la transpiration liée à l’activation émotionnelle), ainsi que le mouvement des yeux. Ces mesures donnent un accès direct aux réactions du corps dans diverses situations d’interaction ou de tâche. Les données physiologiques peuvent être synchronisées avec les enregistrements vidéo ou audio afin d’étudier la dynamique émotionnelle ou relationnelle de manière intégrée. Le système est principalement utilisé par l’équipe de Marie-Ève Daspe, professeure agrégée au Département de psychologie, dans le cadre de trois études observationnelles menées conjointement avec Katherine Péloquin et Sophie Bergeron. L’accès est restreint et réservé aux équipes de recherche autorisées. 

Le système Biopac offre un potentiel créatif important pour transformer les signaux du corps en matériaux artistiques. Les variations de respiration, les accélérations du rythme cardiaque, la conductance de la peau ou les mouvements oculaires pourraient être convertis en formes visuelles, en textures sonores ou en ambiances lumineuses réactives, permettant au public de percevoir autrement la physiologie humaine. Le Carrefour pourrait ainsi collaborer avec des artistes numériques pour créer des installations où le corps devient interface, révélant la dimension expressive du vivant, ou pour concevoir des performances où les états internes des participants influencent l’œuvre en temps réel. En unissant données physiologiques et création, Biopac permet d’explorer la matérialité émotionnelle du corps, en parfaite cohérence avec la mission du Carrefour de fusionner science, sensibilité et art

Appareils physiologiques ambulatoires (Empatica & Actiheart)

Les appareils ambulatoires Empatica (mesure de l’activité électrodermale et du mouvement) et Actiheart (mesure du rythme cardiaque) permettent de recueillir des données physiologiques en dehors du laboratoire, dans la vie quotidienne ou dans des environnements naturels. Pour les novices, il s’agit de petits capteurs portables — des bracelets ou des modules fixés au thorax — capables d’enregistrer en continu des indicateurs liés au stress, à l’émotion, à l’effort ou à l’activation corporelle. Contrairement aux systèmes fixes comme Biopac, ces outils permettent de suivre une personne pendant ses activités courantes, offrant un portrait écologique de la physiologie humaine. À l’Université de Montréal, ces appareils sont utilisés dans des projets portant sur la dynamique des couples et les réponses émotionnelles en contexte naturel. Ils sont sous la responsabilité de Marie-Ève Daspe, professeure agrégée au Département de psychologie, et sont accessibles uniquement aux équipes de recherche autorisées.

Les appareils ambulatoires offrent une occasion unique de transformer les données physiologiques du quotidien en matière artistique vivante. Le Carrefour pourrait s’en servir pour créer des œuvres fondées sur les rythmes corporels de personnes se déplaçant dans des espaces publics : variations cardiaques converties en pulsations lumineuses, activité électrodermale transformée en textures sonores, ou trajectoires émotionnelles quotidiennes traduites en motifs visuels évolutifs. Artistes et chercheurs pourraient également concevoir des installations montrant la « cartographie émotionnelle » d’une journée, ou créer des performances où les signaux corporels d’un participant alimentent en temps réel une création audiovisuelle. En révélant la poésie du corps en mouvement dans la vie réelle, ces dispositifs permettent d’unir science physiologique, expérience humaine et création artistique, en cohérence directe avec la mission du Carrefour.

Ressources de recherche — Analyser, modéliser et traiter les données


Ces ressources offrent des méthodes, logiciels et infrastructures pour analyser des données complexes, faire de la modélisation ou structurer la connaissance.

Manuel en ligne Numerical Ecology with R (analyse multivariée avec R)

Numerical Ecology with R est un manuel en ligne qui explique, pas à pas, comment analyser des données complexes à l’aide du logiciel R. Conçu pour des personnes qui ne sont pas nécessairement expertes en statistiques, il montre comment identifier des structures, comparer des groupes, visualiser des relations, et interpréter des phénomènes écologiques ou multidimensionnels. On peut l'utiliser pour analyser des données issues de l’environnement, de la biologie, mais aussi de domaines variés comme la psychologie, les interactions sociales, ou tout ensemble de données comportant plusieurs variables. Il constitue donc un outil pédagogique et scientifique qui aide les chercheurs et les étudiants à « faire parler » leurs données à l’aide de méthodes robustes et reproductibles.

Publié dans la collection Use R! de Springer, ce manuel s’accompagne d’un ensemble complet de fonctions et de scripts disponibles gratuitement à l’adresse suivante : http://www.numericalecology.com/numecolR/.

La ressource est développée par Pierre Legendre, professeur d’écologie quantitative, en collaboration avec Daniel Borcard, professeur retraité, et Guillaume Guénard, chercheur au laboratoire (guillaume.guenard@gmail.com). Pour approfondir les fondements théoriques, les tirés à part des articles scientifiques associés sont accessibles ici : http://numericalecology.com/Reprints/index.html.

Grâce à ses nombreuses méthodes de visualisation et d’ordination, Numerical Ecology with R peut devenir un outil de création artistique fondé sur les données. Il permet de transformer des ensembles de données — émotionnelles, physiologiques, environnementales, ou comportementales — en formes, couleurs, textures ou cartes visuelles. Dans cet esprit, le Carrefour pourrait organiser des ateliers où artistes, chercheurs et étudiants utilisent ces techniques pour générer des œuvres basées sur la structure mathématique des données, créer des « paysages statistiques », ou animer des installations interactives dérivées de modèles multivariés. Cette ressource incarne ainsi une manière innovante de relier rigueur scientifique et exploration esthétique, au cœur de la mission du Carrefour.

Cours en ligne PRAXIS : Numerical Ecology in 8 Lessons

Le cours en ligne PRAXIS : Numerical Ecology in 8 Lessons est une formation ouverte qui explique, de façon progressive et vulgarisée, comment analyser et interpréter des données complexes à l’aide du logiciel R. Conçu pour les personnes souhaitant apprendre sans prérequis avancés en statistique, il présente en huit modules les principales méthodes utilisées en écologie numérique : exploration de données multivariées, mesure de distances, ordinations, classifications et visualisations. Le cours permet ainsi à tout étudiant, chercheur ou professionnel d’acquérir une base solide pour comprendre et appliquer des analyses de données structurées, que celles-ci proviennent de l’environnement, du comportement humain, des sciences sociales ou de corpus artistiques. Le contenu est accessible à tout moment via PRAXIS :
https://catalogue.praxis.umontreal.ca/Web/MyCatalog/ViewP?pid=ffq7JXcbr822Wh5pptTJA%3D%3D&id=Wf0yVyUaCMK9RQjyzCYrhQ%3D%3D

Développé par Pierre Legendre, professeur d’écologie quantitative au Département de sciences biologiques, ce cours complète le manuel Numerical Ecology et s’inscrit dans une démarche d’accessibilité et de diffusion des méthodes d’analyse multivariée.

Ce cours offre au Carrefour un excellent cadre pour initier des démarches de data art et de création numérique fondée sur les données. En apprenant à manipuler et visualiser différents types de structures statistiques, les participants peuvent générer des formes, motifs, cartes de distances ou diagrammes qui deviennent des matériaux créatifs pour des installations visuelles ou sonores. Le Carrefour pourrait ainsi proposer des ateliers où artistes, designers, scientifiques et étudiants utilisent les analyses présentées dans le cours pour transformer des données environnementales, physiologiques ou émotionnelles en œuvres sensibles, donnant à voir autrement les relations et patterns cachés dans les données. Le cours permet donc d’intégrer une compétence analytique à une démarche esthétique, renforçant la vocation du Carrefour comme espace de rencontre entre arts, sciences et innovation numérique.

Serveur de calcul haute performance (CPU – CIRRELT)

Le serveur CPU du CIRRELT est une machine de calcul haute performance conçue pour exécuter rapidement des traitements intensifs nécessitant une grande puissance de calcul. Pour les novices, un serveur CPU peut être compris comme un « super-ordinateur spécialisé » doté de nombreux processeurs travaillant en parallèle, ce qui permet d’analyser des volumes massifs de données ou de réaliser des simulations complexes bien plus rapidement qu’un ordinateur personnel. Le serveur utilisé ici comprend deux processeurs Intel Xeon Gold 6226 (24 cœurs avec hyperthreading) et 384 Go de mémoire vive, ce qui le rend particulièrement adapté aux modèles d’optimisation, aux simulations logistiques, à l’analyse de réseaux, ainsi qu’aux projets nécessitant un calcul répétitif et intensif. Localisé au pavillon André-Aisenstadt, il est accessible sous conditions et principalement réservé à l’équipe de recherche. Pour plusieurs des publications du CIRRELT, ce serveur a servi d’infrastructure principale de calcul.

Le serveur CPU offre un formidable potentiel de création à l’interface de la science des données et de l’art numérique. Grâce à sa capacité de calcul, il peut être utilisé pour générer des visualisations artistiques complexes issues de simulations (flux de transport, dynamiques de réseaux, mouvements collectifs), créer des modèles procéduraux servant de base à des œuvres interactives, ou produire des animations génératives alimentées par de grandes bases de données. Le Carrefour pourrait également s’en servir pour transformer des modèles mathématiques ou logistiques en formes, textures ou paysages visuels, permettant aux artistes de travailler avec des structures computationnelles autrement inaccessibles. Ce serveur devient ainsi un outil permettant d’explorer la puissance créative du calcul, en fusionnant science des systèmes, esthétique algorithmique et exploration artistique.

NVivo — Logiciel d’analyse qualitative (textes, verbatims, vidéos)

NVivo est un logiciel d’analyse qualitative permettant d’examiner des données textuelles, visuelles ou audio de manière systématique. Pour les novices, il s’agit d’un outil qui aide à organiser, coder et interpréter des contenus tels que des entrevues, des groupes de discussion, des documents, des notes de terrain ou des vidéos, afin de dégager des thèmes, motifs ou structures d’interprétation. Contrairement à des logiciels gratuits comme QDA Miner Lite — non compatibles Mac dans ce contexte — NVivo nécessite l’achat d’une licence annuelle. Il est utilisé dans les recherches en travail social, psychologie et sciences humaines pour analyser en profondeur les expériences humaines, les discours et les interactions. L’accès à NVivo est restreint à l’équipe de recherche, sous la responsabilité de Marie-Ève Daspe, professeure agrégée au Département de psychologie.

NVivo offre des possibilités nouvelles pour explorer la dimension narrative, expressive et symbolique des données humaines. Au Carrefour, il pourrait servir à analyser des récits, témoignages, journaux émotionnels ou matériaux récoltés dans des ateliers artistiques, afin de transformer ces contenus en cartographies thématiques visuelles, en installations textuelles ou en œuvres générées à partir de fragments de discours. Artistes et chercheurs pourraient collaborer pour créer des pièces où la structure qualitative des données — leurs mots, silences, répétitions ou intensités — devient matière artistique. NVivo permettrait ainsi de rendre sensible la richesse des expériences humaines, en convertissant les analyses qualitatives en objets esthétiques, narratifs ou performatifs, pleinement alignés avec la mission du Carrefour d’unir science, histoire sensible et création.

Calcul Québec — Infrastructure nationale de calcul informatique avancé

La ressource Calcul Québec met à disposition des professeur·e·s universitaires des infrastructures de calcul informatique avancé permettant d’exécuter des analyses massives, des simulations complexes ou des modèles exigeants en puissance de calcul. Pour les novices, il s’agit d’un ensemble de superordinateurs accessibles à distance, capables de traiter en quelques minutes des opérations qui prendraient des heures, voire des jours, sur un ordinateur personnel. Calcul Québec est particulièrement utile pour l’analyse de grandes bases de données, le traitement de langage naturel, la modélisation statistique, l’apprentissage machine ou encore la visualisation computationnelle. La ressource est accessible aux chercheurs de toutes disciplines, y compris en sciences humaines et sociales, et est accompagnée d’un service de soutien spécialisé. Pour plus de détails, on peut consulter :
https://alliancecan.ca/fr/services/calcul-informatique-de-pointe/services-nationaux/sciences-humaines-et-sociales

Le contact à l’Université de Montréal pour cette ressource est Eugene Syriani, professeur au Département d’informatique et de recherche opérationnelle (DIRO), qui peut accompagner les chercheurs dans l’adoption de ces technologies.

Calcul Québec ouvre un champ créatif immense pour la création numérique fondée sur la computation. Le Carrefour pourrait s’en servir pour générer des œuvres issues de simulations longues ou complexes — par exemple des paysages génératifs, des réseaux dynamiques, des modélisations de comportements ou des structures visuelles dérivées de données émotionnelles ou sociales. Les artistes pourraient exploiter la puissance de calcul pour explorer des algorithmes évolutifs, des fractales, des modèles physiques ou des grandes masses de données culturelles, produisant des formes impossibles à générer sur un ordinateur classique. Cette ressource permettrait ainsi de tisser des liens entre esthétique algorithmique, analyse scientifique et pratiques artistiques expérimentales, en parfaite cohérence avec la mission du Carrefour.

ReLiS — Plateforme pour revues systématiques

ReLiS est un outil en ligne conçu pour soutenir la réalisation de revues systématiques, c’est-à-dire des processus de recherche structurés qui visent à identifier, sélectionner, coder et synthétiser l’ensemble des études existantes sur une question donnée. Pour les novices, une revue systématique peut être imagée comme un « balayage exhaustif » des connaissances sur un sujet ; ReLiS accompagne toutes les étapes : définition des critères, gestion du flot de publications, tri des articles, codification des informations pertinentes et production d’une synthèse. La plateforme permet aussi le travail collaboratif entre plusieurs évaluateurs. L’infrastructure est hébergée dans un laboratoire de l’Université de Montréal, sous la supervision de Eugene Syriani, professeur au Département d’informatique et de recherche opérationnelle (IRO), qui assure le support pour la configuration des projets, la formation des utilisateurs et l’évolution technique de l’outil.

ReLiS offre une occasion unique d’explorer la créativité à partir des connaissances. Le Carrefour pourrait l’utiliser pour bâtir des corpus thématiques — par exemple sur les émotions, les pratiques artistiques, la perception, l’imaginaire technologique ou les relations humain-machine — puis transformer ces cartographies de la littérature en œuvres visuelles ou interactives. Les données extraites par ReLiS (mots-clés, fréquences, réseaux de concepts, tendances temporelles) pourraient générer des installations artistiques basées sur la structure des savoirs, ou encore des pièces sonores où les motifs dérivent des patterns bibliométriques. ReLiS permettrait ainsi de mettre en scène la manière dont la connaissance se construit, en donnant une forme sensible aux dynamiques intellectuelles, et en incarnant pleinement la mission du Carrefour : faire dialoguer rigueur scientifique et exploration artistique.

Ressources de création, d’immersion et de médiation numériques


Ces ressources sont dédiées à la création artistique, à l’immersion interactive et à la médiation entre science, émotions et publics.

Impression 3D — Fabrication d’objets et de data-sculptures

L’imprimante 3D à déposition de filament fondu, située au Département de chimie (MIL, local B-4218), permet la fabrication d’objets à partir de modèles numériques en extrudant du plastique couche par couche. Cette technologie offre une grande précision dans la création de prototypes, de dispositifs expérimentaux, de pièces de remplacement ou d’outils personnalisés pour la recherche. L’accès est autorisé sur demande et encadré par l’équipe d’Audrey Laventure, professeure adjointe. Grâce à sa polyvalence et à son faible coût d’utilisation, l’impression 3D constitue un atout important pour les projets nécessitant du matériel sur mesure, qu’il s’agisse d’instruments de laboratoire, d’éléments structurels ou de maquettes scientifiques.

L’impression 3D offre au Carrefour une opportunité unique d’explorer la matérialisation artistique de concepts scientifiques. Elle peut servir à créer des sculptures inspirées de données de recherche (formes géométriques issues de modélisations, structures moléculaires, objets émotionnels), à produire des éléments scénographiques pour des installations immersives ou encore à fabriquer des interfaces tangibles pour des expériences interactives alliant art numérique et sciences humaines. Les chercheur·e·s et artistes pourraient également collaborer pour transformer des données physiologiques, émotionnelles ou comportementales en objets physiques “data-sculptures”, rendant visibles et palpables des phénomènes autrement abstraits. Cette ressource soutient ainsi l’ambition du Carrefour de faire dialoguer innovation scientifique et créativité matérielle.

Application ChillTime — Régulation émotionnelle et expériences immersives

ChillTime est une application mobile gratuite destinée à soutenir la régulation du stress et des émotions à l’aide de stratégies validées scientifiquement. Conçue dans un contexte à la fois clinique et académique, elle a été développée par Antoine Pennou, doctorant en psychologie clinique, sous la supervision de Tania Lecomte, professeure au Département de psychologie et chercheuse au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CR-IUSMM). Pour les novices, ChillTime se présente comme un outil simple et accessible offrant des techniques guidées de respiration, de relaxation, de pleine conscience ou de gestion de crises émotionnelles, permettant une utilisation autonome en tout moment. L’application est disponible en téléchargement gratuit sur iOS et Android.

ChillTime constitue une ressource particulièrement intéressante pour le Carrefour, car elle permet d’explorer la dimension esthétique et sensible de la régulation émotionnelle. Des collaborations entre artistes numériques et chercheurs pourraient transformer les exercices proposés par l’application en expériences immersives où sons, visuels génératifs et mouvements réactifs accompagnent les pratiques de bien-être. Des ateliers pourraient également inviter les participants à transformer des mesures physiologiques ou des états émotionnels guidés par ChillTime en formes artistiques, révélant de manière créative comment le corps et l’esprit se modulent. Cette approche contribuerait directement à la mission du Carrefour en fusionnant pratiques thérapeutiques, science des émotions et création artistique.

Avatars émotionnels en ligne — Personnages virtuels expressifs

Les avatars en ligne développés au Département de psychologie sont des personnages virtuels modifiables et animés permettant de représenter différentes émotions de manière dynamique. Pour les utilisateurs novices, il s’agit de figures numériques dont les expressions faciales peuvent être ajustées (colère, joie, tristesse, peur, etc.) afin de créer des stimuli émotionnels standardisés ou des scénarios interactifs. Ces avatars sont utilisés en recherche pour étudier la perception émotionnelle, l’interprétation des signaux sociaux et la reconnaissance des expressions. L’accès se fait sur demande auprès du responsable, Frédéric Gosselin, professeur au Département de psychologie, qui supervise leur utilisation scientifique. 

Les avatars émotionnels constituent un formidable terrain de rencontre entre psychologie, arts numériques et design expressif. Au Carrefour, ils pourraient servir à créer des installations où les émotions des avatars réagissent aux mouvements ou aux expressions du public, ou encore devenir des personnages dans des œuvres interactives explorant la communication non verbale. Des ateliers interdisciplinaires pourraient inviter artistes, étudiants et chercheurs à détourner ces avatars pour en faire des performers virtuels, des sculptures animées ou des objets narratifs sensibles. En donnant une matérialité artistique à la science des émotions, ces avatars renforcent la mission du Carrefour de tisser des liens entre corps numérique, affect et création

Lunettes de réalité virtuelle (Oculus 2e génération)

Les lunettes de réalité virtuelle Oculus (2e génération) permettent d’immerger un utilisateur dans un environnement numérique interactif en 3D. Pour les personnes novices, il s’agit d’un casque que l’on porte sur la tête et qui projette une scène virtuelle dans laquelle on peut se déplacer, manipuler des objets ou interagir avec des éléments visuels et sonores comme si l’on y était réellement. Ce dispositif est utilisé en recherche pour étudier la cognition, les émotions, l’apprentissage, la perception ou encore l’efficacité d’interventions psychologiques immersives. L’accès aux casques se fait sur demande auprès de Tania Lecomte, professeure au Département de psychologie, qui supervise leur utilisation dans les projets cliniques et socio-affectifs.

La réalité virtuelle offre au Carrefour une plateforme privilégiée pour expérimenter des formes de création immersive où art, psychologie et technologie se répondent. Les casques pourraient être utilisés pour concevoir des environnements expressifs réagissant aux mouvements, à la voix ou même aux émotions des participants, ou encore pour créer des récits interactifs inspirés de données scientifiques. Artistes et chercheurs pourraient collaborer à la fabrication d’espaces virtuels explorant la régulation émotionnelle, la présence corporelle ou la perception du soi numérique. Ces projets permettraient de transformer la VR en un terrain d’exploration où expérience esthétique, introspection et science des comportements se rejoignent au cœur de la mission du Carrefour.

Clar.IA — Agent conversationnel dédié à l’éthique de l’intelligence artificielle

Clar.IA est un agent conversationnel développé à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (OBVIA) pour soutenir la réflexion sur l’éthique et la responsabilité dans le développement et le déploiement des systèmes d’intelligence artificielle. Pour les novices, Clar.IA peut être décrit comme un outil interactif — un « conseiller numérique » — qui vulgarise les implications sociales, légales, psychologiques et organisationnelles de l’IA tout en guidant les utilisateurs dans l’identification des enjeux, risques et bonnes pratiques associées à un projet technologique. L’agent s’appuie uniquement sur un corpus scientifique produit par plus de 260 chercheurs de l’OBVIA au cours des cinq dernières années. Clar.IA a été conçu et supervisé par Pierrich Plusquellec, professeur à l’École de psychoéducation et codirecteur scientifique de l’OBVIA, et par l’équipe de coordination de l’OBVIA, qui en assure le maintien, la validation et l’évolution.

Clar.IA représente un outil privilégié pour explorer la dimension narrative, critique et créative de l’intelligence artificielle. Le Carrefour pourrait l’utiliser pour générer des récits spéculatifs sur les futurs possibles de la technologie, co-créer des dialogues imagés entre humains et machines, ou encore alimenter des installations interactives où le public interroge un agent éthique sur ses propres pratiques technologiques. Les réponses de Clar.IA pourraient être transformées en poèmes génératifs, en cartographies conceptuelles ou en performances discursives où la machine devient partenaire de création. L’outil permettrait également de mener des ateliers d’idéation où artistes et chercheurs explorent les tensions entre autonomie, transparence et sensibilité humaine. En mobilisant un agent dont la mission première est la mise en discussion du progrès technologique, Clar.IA contribue pleinement à la mission du Carrefour : articuler science, regard critique et imagination artistique pour réfléchir collectivement à l’avenir de l’IA.