Marie-Claude Dupont : penser le journalisme autrement

« J’aime être plongée dans des univers qui sont différents du mien »
Enseignante du cours Communication et journalisme (JRN6104), Marie-Claude Dupont est doctorante en communication à l’Université de Montréal depuis 2019.
Elle se souvient bien de ses débuts au certificat en journalisme à l’Université Laval, puisque c’est au moment des attentats du 11 septembre 2001. « Ça nous avait marqués, moi et mes camarades de promotion ». Elle continue ses études 2 ans plus tard dans la même université au D. E. S. S. en journalisme international, où elle a l’occasion de partir 6 mois en Belgique pour des stages à la RTBF et au journal Le Soir.
De retour au Québec, elle obtient un poste permanent de reporter parlementaire pour la salle de rédaction de Radio-Canada à Regina, en Saskatchewan. Tout juste diplômée, elle reçoit en 2005 une bourse du Centre de recherches pour le développement international (CRDI) afin de réaliser des reportages au Burundi, un pays au sortir de la guerre civile. Pendant 6 mois, elle assiste à la venue de l’élection présidentielle burundaise de 2005 : « Mes premières heures en journalisme international étaient très marquantes ».
Marie-Claude a toujours été intéressée par le journalisme international. Elle a beaucoup voyagé, et voulait découvrir le monde qui l’entourait. « Pour moi, c’est un bonheur d’aller vers l’autre, de voir d’autres cultures et de comprendre comment les gens vivent ».
Après cette première expérience à l’international, il n’était plus question de rester à Regina. Elle déménage alors à Montréal, où elle réalise des reportages internationaux pour Radio-Canada, notamment au Sénégal et au Mali. Elle retourne d’ailleurs au Burundi pour réaliser un documentaire sur l’élection présidentielle de 2010.
C’est en parlant avec plusieurs femmes doctorantes sur le terrain qu’elle développe une autre passion : la recherche. « Je voulais prendre le temps de réfléchir sur un sujet, et je savais que ce serait une recherche transnationale sur le continent africain, pour lequel on accorde trop peu de place. De fil en aiguille, je suis venue à m’intéresser aux femmes journalistes. Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’informations sur les femmes dans les médias ? ». En assistant à ses premiers cours de méthodologie et d’épistémologie à l’Université de Montréal, elle s’est sentie à sa place.
Dans son projet de recherche, Marie-Claude s’intéresse aux femmes journalistes à l’ère du numérique, en analysant la production d’information sur les enjeux de genre. Pour cela, elle a pu échanger avec des femmes journalistes de quatre pays différents : le Sénégal, la Belgique, le Québec (Canada) et le Burkina Faso.
Aujourd’hui, en tant qu’enseignante, elle souhaite créer des ponts entre le monde professionnel du journalisme et celui de la recherche en journalisme. Elle veut que les théories du journalisme puissent aider les étudiants à prendre du recul sur leur profession. En bref, elle veut que les étudiants pensent le journalisme autrement.
Marie-Claude travaille actuellement sur un ouvrage collectif traitant des enjeux transnationaux des relations femmes journalistes/sources. « Dans le futur, si je pouvais combiner la recherche, l’enseignement et la production journalistique, ce serait le paradis ! », conclut-elle.