Marie-Emmanuelle Boileau : à la rencontre de l’humain, caméra en main

« J’ai toujours aimé les gens, leur parler et plonger dans différentes communautés. »
Enseignante du cours Journalisme multiplateforme (JRN6201), Marie-Emmanuelle Boileau est vidéojournaliste, réalisatrice et vidéaste depuis près de 10 ans.
Initialement formée en arts, avec un certificat en scénarisation cinématographique et un baccalauréat en études théâtrales à l’UQAM, c’est en 2016 qu’elle se dirige vers un D.E.S.S. en journalisme visuel à l’Université Concordia. « J’ai toujours eu l’appel du journalisme au fond de moi, et c’est à travers celui-ci que j’ai trouvé le lien avec l’humain que je cherchais. »
En tant que vidéojournaliste, elle a travaillé pour des médias canadiens et français, comme Pivot, The Rover, ou encore Da Vinci News. Ses reportages se rapprochent du « format magazine » ou du court documentaire, et tournent autour de sujets de société, avec une attention particulière accordée aux différentes communautés et cultures. Son expérience la plus marquante fut son reportage au Sénégal sur la lutte traditionnelle, qu’elle a réalisé à la suite de l’obtention d’une bourse par le Fonds québécois en journalisme international (FQJI). Une expérience de terrain aussi intense qu’enrichissante.
En parallèle de son travail de vidéojournaliste, Marie-Emmanuelle Boileau est réalisatrice et vidéaste pour diverses institutions et organismes. Depuis juillet 2025, elle est notamment réalisatrice pour le Téléjournal de Radio-Canada. Dans ses réalisations, elle raconte le réel tout en mobilisant sa sensibilité artistique, qu’elle développe depuis très jeune. Ses études en musique classique lui permettent, par exemple, d’incorporer à ses vidéos une atmosphère musicale particulière, qui vient soutenir le récit. Cette approche donne à ses productions une signature singulière, proche du cinéma documentaire.
« Ce que j’aime, c’est être autonome : partir avec ma caméra, mener les entrevues, faire le montage… Cette autonomie me donne une vraie liberté de création. »
Cette liberté, elle cherche aussi à la transmettre aux étudiant·e·s, en mettant l’accent autant sur leurs compétences techniques que sur leur capacité à observer, écouter et synthétiser. Être une bonne journaliste selon elle, c’est d’abord être attentif à ce qui se passe autour de soi : oser parler aux gens, se poser des questions et détacher son regard de ce que l’on connaît déjà. Dans un contexte médiatique en constante évolution, elle rappelle aussi l’importance du journalisme visuel : « En 2026, les images sont une manière essentielle de communiquer. Maîtriser le visuel, c’est comme savoir écrire : c’est fondamental dans la transmission de l’information. »
À la croisée du journalisme et du documentaire, Marie-Emmanuelle Boileau poursuit aujourd’hui son parcours, caméra en main, à la rencontre de communautés d’ici et d’ailleurs.