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Cadleen Désir

Baccalauréat en psychologie (2002) 

Crédit photo : Martin Flamand
Cadleen Désir

Le succès d’une entrepreneure sociale

Lorsqu’on échange avec Cadleen Désir, on se demande si ses journées durent plus de 24 h. Aujourd’hui directrice générale du Centre de pédiatrie sociale Laval, Cadleen a également fondé et présidé Déclic, une entreprise de services en intervention éducative, durant plus de 17 ans. Elle est également présidente sortante du conseil d’administration d’Evol, ainsi que membre des conseils d’administration des YMCA du Québec et de l’Ordre de Montréal. Il émane assurément une lumière et une énergie contagieuse de cette entrepreneure engagée.

Un parcours scolaire pas tout à fait linéaire

Cadleen Désir a choisi la psychologie dans l’objectif de comprendre l’humain et d’aider son prochain : « Je souhaitais devenir psychologue pour enfants, car j’ai toujours voulu travailler avec eux. » Aspirant à suivre le cheminement clinique, Cadleen se lance corps et âme dans les études pour préparer un dossier universitaire lui permettant d’accéder aux cycles supérieurs.

Après son baccalauréat, Cadleen décide de réfléchir à son avenir professionnel, le temps d’une année. Elle découvre la psychopédagogie un peu par hasard, en se promenant dans le pavillon Marie-Victorin : « J’ai lu le mot psychopédagogie sur une porte et je suis allée poser des questions à propos du programme. Cela m’a inspirée : c’est ce que je voulais faire! » Un an plus tard, elle commence sa maîtrise.

Quand on lui demande quel conseil elle donnerait aux étudiantes et étudiants d’aujourd’hui, sa réponse est spontanée : « Ne pas avoir peur d’aller chercher de l’aide et des mentors. La psychologie est un tremplin vers une multitude de choses, mais on ne le sait pas toujours en démarrant. Être en contact avec des gens qui ont du vécu et qui sont passés par là est très éclairant. »

L’inclusion : un fil conducteur

Bien que les concepts d’équité, de diversité et d’inclusion soient maintenant importants au sein des établissements d’enseignement supérieur, c’était moins le cas au moment où Cadleen poursuivait ses études.

« Je cumulais 3 emplois durant mon baccalauréat, souligne-t-elle. Quand les bourses sont attribuées uniquement sur la base des notes, cela ne tient pas compte du fait que, pour arriver à un même résultat, certaines personnes empruntent un chemin différent. C’est comme si, pour se rendre à une même destination, il y en a qui partent à moto et d’autres, à pied. »

La notion d’inclusion est par ailleurs un fil conducteur de l’ensemble de son parcours : « Lors de mon année de pause après le baccalauréat, j’ai pris une charge complète dans un centre de la petite enfance. Dans mon groupe, j’avais un enfant atteint de spina bifida, un handicap moteur. Cela m’a amenée à me questionner sur l’inclusion des jeunes aux besoins particuliers dans les groupes à développement typique, un sujet passionnant qui a teinté mon projet de maîtrise. » Ce sont aussi ces valeurs qui l’ont inspirée dans la fondation de son entreprise, Déclic, et qui l’animent aujourd’hui dans la gouvernance du Centre de pédiatrie sociale Laval.

L’entrepreneuriat dans les veines

On pourrait penser qu’une personne qui attend son 1er enfant serait à la recherche de stabilité, mais il en a été tout autre pour Cadleen. Au moment où cette dernière apprend l’heureuse nouvelle, elle se fait offrir une charge de cours par Olga Favreau, une professeure marquante dans son parcours.

À la croisée des chemins, elle décide de refuser le poste et de plutôt se lancer en affaires : « Je me disais que j’avais 9 mois pour combler les besoins de ma famille. J’ai fondé Déclic dans mon sous-sol, avec une carte de crédit comprenant une limite de 500 $. »

On peut certainement dire : mission accomplie! Celle qui voulait être travailleuse autonome a rapidement bâti une communauté de 40 professionnelles et professionnels en psychoéducation, en orthophonie, en orthopédagogie et en intervention spécialisée dans les troubles du spectre de l’autisme. 17 ans après sa fondation, Déclic a permis de soutenir 50 000 enfants dans toute la francophonie. Cadleen fait le choix à la fin de l’année 2022 de clore le chapitre de Déclic pour se consacrer à d’autres projets.

Le bonheur, c’est de redonner

Difficile de ne pas être toutes et tous impressionnés en consultant la feuille de route de Cadleen Désir. Souhaitant donner une voix aux populations vulnérables, elle s’implique auprès de plusieurs causes et regroupements, notamment au sein de l’Ordre de Montréal, qu’elle qualifie de « bonbon » dans son quotidien : « Je lis des portraits de gens qui réalisent des choses extraordinaires, c’est comme prendre un bain d’inspiration! »

Pourquoi s’engager autant? « La meilleure façon d’accéder au bonheur c’est de partager, d’aider les autres, affirme-t-elle. J’ai besoin de savoir que mon passage, que le petit point de lumière qui s’applique à Cadleen Désir, au moment où il a étincelé, a fait une différence. »