Eve-Marie Gendron-Pontbriand (Université de Montréal) - Soutenance de thèse
Métaphores darwiniennes de l’« Origine des espèces » : modes de conceptualisation métaphorique dans la première édition et ses deux traductions françaises
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Membres du jury
Sylvie Vandaele, professeure titulaire (Université de Montréal), directrice de recherche
John Humbley, professeur émérite (Université de Paris), examinateur externe
Frédéric Bouchard, professeur titulaire (Université de Montréal), membre du jury
Marie-Alice Belle, professeure agrégée (Université de Montréal), membre du jury
(à venir), représentant du doyen de la Faculté des arts et des sciences (Université de Montréal)
Résumé
Ouvrage clé de l’histoire des sciences, On the Origin of Species (1859) de Charles Darwin (dorénavant l’OS) lance la théorie de l’évolution, dont les répercussions sociétales ne sont plus à démontrer. L’OS connaîtra plusieurs éditions. La sixième, parue en 1876, a longtemps été l’édition de référence, mais depuis la deuxième moitié du xxe siècle la première a été réévaluée par les chercheurs et est maintenant considérée comme canonique. Celle-ci donnerait en effet une vision plus authentique et plus claire de la pensée darwinienne. Au moment de sa parution, cette première édition fait sensation. Les contemporains de Darwin remarquent notamment son caractère hautement métaphorique et nombreux sont ceux qui le critiquent sur ce point.
Il existe à ce jour deux traductions de cette édition vers le français, celles de Becquemont (1992, 2008) et de Hoquet (2013). La traduction de Becquemont surprend par sa méthode inusitée. Le traducteur a effectivement remanié la traduction de Barbier (1876), qui elle est basée sur la sixième édition de l’ouvrage. La traduction Hoquet, pour sa part, est plus traditionnelle. Ces deux traductions sont demeurées largement inexplorées en traductologie comme en histoire et en philosophie des sciences. Cela les rend propres à de multiples travaux de recherche. Le caractère métaphorique de leur édition source soulève notamment un problème de traduction. Il s’agit alors de déterminer comment ces métaphores sont traduites en français.
Pour répondre cette question, nous situons notre étude au sein de la métaphorologie cognitive telle que définie par la théorie contemporaine de la métaphore. Ainsi, nous envisageons la métaphore comme la projection d’un cadre conceptuel source sur un cadre conceptuel cible. Plus précisément, nous adoptons le cadre théorique établi par Vandaele, qui opérationnalise l’analyse des métaphores à l’aide du concept d’indice de conceptualisation métaphorique (ICM). Nous avons mis en place une méthode d’annotation de corpus en format XML autorisant le repérage des ICM en discours, ainsi que leur caractérisation et leur dénombrement. Nous avons ainsi pu réaliser une analyse qualitative et quantitative de la conceptualisation métaphorique dans l’intégralité de l’œuvre originale et de ses deux traductions vers le français, en nous limitant cependant à la nature et à la sélection naturelle.
Il ressort de ce travail que la nature et la sélection naturelle font l’objet de riches personnifications dans l’original anglais, qui sont largement restituées dans les deux traductions. Celles-ci se distinguent surtout par la richesse et la densité des réseaux d’ICM qui expriment ces personnifications. La présence d’une troisième personnification a également été révélée lors de notre analyse. Ces résultats seront discutés à l’aune du contexte de réception de l’OS, des assises cognitives de la personnification et des perspectives dominantes relatives au phénomène de la retraduction.
Mots-clés : Charles Darwin,Origine des espèces, mode de conceptualisation métaphorique, indice de conceptualisation métaphorique, traduction scientifique, Théorie de l’évolution
Lieu virtuel / En ligne Montréal Québec Canada