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Hommage à Monsieur James Martin Bowman

Né à Montréal de parents écossais, James Martin Bowman a reçu son doctorat en études anglaises de l’Université de Montréal en 1981. Lors d’un séjour sur la terre ancestrale, sa rencontre avec le traducteur et dramaturge écossais Bill Findlay donne naissance à une fructueuse collaboration théâtrale : en une quinzaine d’années, et jusqu’à la disparition de Findlay en 2005, les collaborateurs traduiront huit pièces du dramaturge québécois Michel Tremblay pour la scène écossaise. C’est en 1989 que le Tron Theatre de Glaswège en présente la première, The Guid Sisters, traduction des Belles-sœurs. Si Tremblay avait légitimé la présence du joual sur la scène québécoise, Bowman et Findlay ont fait de même pour le langage populaire écossais en traduisant cette pièce dans le langage vernaculaire de la classe ouvrière de Glasgow.

Tout récemment, dans le journal The Scotsman, Andrew Burnett a qualifié The Guid Sisters comme «  l’un des vingt événements théâtraux les plus importants dans l’histoire de l’Écosse – one of the top 20 Scottish Theatre Events of all Time. » Selon Burnett, la pièce «  résonnait particulièrement fort à l’époque de Margaret Thatcher, surtout parce que les traducteurs avaient réussi à identifier les parallèles entre deux cultures ouvrières et les registres de langage qui les caractérisaient. » Aussi, Bowman et Findlay «  ont, écrit-il, relevé l’un des plus grands défis du métier : traduire des langages non standardisés. »

La production du Tron Theatre de Glaswège fut reprise l’année suivante à Toronto, puis au Festival Fringe d’Edimbourg. En 1993, elle a été présentée à Montréal dans le cadre des festivités marquant le 350e anniversaire de la ville. Parmi les traductions de Michel Tremblay réalisées par Bowman et Findlay, on trouve aussi HosannaAlbertine en cinq tempsLe vrai monde? et À toi pour toujours ta Marie-Lou. Bowman a également traduit des pièces de Jeanne-Mance Delisle et de Dominic Champagne, ainsi que les Feluettes de Michel-Marc Bouchard.

Le public québécois a pu se familiariser avec les prouesses théâtrales de Bowman. En 1998, celui-ci  a collaboré avec Wajdi Mouawad pour traduire l'adaptation dramatique du roman écossais Trainspotting vers le joual, pièce qui a été jouée sur la scène du Théâtre de Quat’sous et qui fut accueillie avec un grand enthousiasme. Selon Bowman, la capacité du joual à refléter les complexités du vernaculaire ouvrier écossais «  a été tellement convaincante qu’il faudra faire de même pour d’autres pièces écossaises. » Les traductions de Bowman ont mené certains critiques à affirmer que le joual montréalais et l’écossais vernaculaire de la classe ouvrière sont des «  long lost twins »… des jumeaux longtemps séparés qui se reconnaissent dans «  l’amalgame fait par chacun de prononciations anciennes, de formes corrompues, d’anglicismes abondants, d’expressions idiomatiques idiosyncrasiques et de sacres colorés. »

Sa passion pour la langue, Martin Bowman l'a en outre transmise durant de nombreuses années à ses étudiants du Collège régional Champlain à Saint-Lambert.

Hommage rendu lors de la Collation des grades de premier et deuxième cycles de la Faculté des arts et des sciences
Le 21 juin 2007