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Hommage à Monsieur Michel Roy

Michel Roy est sans doute l'un des journalistes francophones les plus connus et les plus respectés au Québec, comme au Canada.

Il naît à Ottawa et sa famille s'établit à Montréal au début des années 1930. Après des études classiques au Collège Stanislas et au Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal, il obtient une licence en philosophie de l'Université de Montréal. Toujours étudiant, il entre, en 1949, au quotidien montréalais Le Canada, un journal du matin d'obédience libérale aujourd'hui disparu (1953). Après un passage de cinq ans à la Presse canadienne, il entre, en 1958, au journal Le Devoir où il fera carrière pendant près de 25 ans. Il y devient directeur de l'information en 1962, puis rédacteur en chef en 1975, et enfin directeur suppléant en 1979. Sa pondération et sa rigueur sont remarquées. Sitôt quittée la direction du Devoir, en 1982, il est nommé éditorialiste en chef au quotidien la Presse. Dès l'année suivante, il devient éditeur adjoint et rédacteur en chef de ce journal, fonctions qu'il exercera  jusqu'à son départ en 1988. De 1988 à 1991, il multiplie ses présences dans l'espace public, alors qu'il travaille comme journaliste indépendant dans les quotidiens le Soleil et Le Droit, ainsi qu'au magazine l'Actualité et dans des émissions de la Société Radio-Canada – ceux qui l'ont entendu à la radio se souviennent de ses dons de vulgarisateur, de sa rigueur intellectuelle aussi. 

Observateur de la vie politique et sociale du Québec, Michel Roy aura été témoin et critique des transformations de la société québécoise. Mais à titre de journaliste il a aussi pleinement vécu celles qu'a subies l'information, tant pour ce qui est des façons de la faire que pour ce qui est des façons de la penser.  Voici ce qu'il disait dans une entrevue accordée à Jean Dion (Le Devoir, 25 janvier 2000).

«  Dans le secteur de l'information, nous sommes passés en 50 ans de la vieille machine à écrire Underwood à l'ordinateur Windows 2000, de la rotative à l'offset, du graphisme classique et conventionnel de la presse d'après-guerre à une typographie éclatée dans les quotidiens et les magazines - explosion de couleurs, illustrations saisissantes, formes inattendues qui sont aussi porteuses de messages et d'informations. La presse écrite a d'ailleurs perdu son monopole au profit de l'omniprésente et fugitive télévision. C'est maintenant à la télé que la majorité des gens, du moins en Europe et en Amérique, va s'informer. »

Michel Roy saura tirer de ses observations une réflexion riche quant au rôle de l'information dans un espace public marqué par le changement accéléré de la matérialité des médias.

Michel Roy s'éloigne du journalisme en 1991, devenant conseiller pour les questions constitutionnelles au Conseil privé, à l'époque des négociations sur l'accord du Lac Meech. Puis, en 1992, il entre au Cabinet du premier ministre Brian Mulroney, à titre de conseiller politique et constitutionnel. En juin 1993, il est nommé ambassadeur du Canada en Tunisie et auprès de la Libye. En tant qu'ambassadeur, il est chargé de missions en Jordanie et en Algérie en 1995 et 1996.

Michel Roy rentre au Canada en 1996 et est nommé professeur invité à l'Université Laval, où il enseigne le journalisme et transmet à ses étudiants les fruits de son expérience et de ses réflexions. En novembre 1997, il accède à la présidence du Conseil de presse du Québec, où il mettra ses compétences au service d'une conception exigeante de l'information.

Sa longue carrière de journaliste, de diplomate et de professeur est jalonnée de prix et honneurs, dont le Prix des communications du Québec (1983), l'Ordre du Canada (1987) et le prix de journalisme Olivar-Asselin (1990).

Hommage rendu lors de la Collation des grades de premier et deuxième cycles de la Faculté des arts et des sciences
Le 21 juin 2007