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Hommage à Madame Renée Collette

Madame Renée Collette fait partie de ces personnes que l’on peut citer en modèle à des diplômés qui souhaitent, au terme de leurs études et par leur travail professionnel, améliorer la société dans laquelle ils vont s’engager.

Maintenant jeune retraitée, madame Collette a étudié la criminologie à l’Université de Montréal à la fin des années 1960. Maîtrise en mains, elle s’engage à la fin de ses études dans le domaine des libérations conditionnelles. Elle devient agente de libération conditionnelle et travaille avec des détenus condamnés au pénitencier : un métier où l’on retrouvait davantage des hommes.

Menant de pair vie familiale et vie professionnelle, elle choisit de s’engager dans des enjeux qui touchent particulièrement les femmes: femmes victimes, mais aussi femmes auteures d’actes criminels. Pendant plusieurs années, elle donne des cours portant sur ces questions à l’École de criminologie et à la Faculté de l’éducation permanente, apportant ainsi sa marque à l’enseignement. Femme de réflexion, elle enseigne et elle publie sur ces questions. Femme d’action, elle s’engage dans des projets dont on voit encore aujourd’hui les fruits. Membre fondateur de la Société Elizabeth Fry du Québec, elle contribue à l’ouverture de la première maison de transition pour femmes incarcérées au Québec, la Maison Thérèse-Casgrain de Montréal. Elle est aussi un membre fondateur de l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes, contribuant ainsi au développement des services aux victimes d’actes criminels au Québec et au Canada. Engagée dans le domaine des victimes d’actes criminels et de l’intervention auprès des femmes victimes de violence conjugale, elle est, pendant deux ans, coordonnatrice de Victim'aide, un projet expérimental de services aux victimes.

Mais l’année 1984 la voit revenir à ses activités de départ : les libérations conditionnelles. Nommée tout d’abord commissaire communautaire à la Commission québécoise des libérations conditionnelles, elle en devient rapidement membre à temps plein et présidente, une fonction qu’elle occupe pendant dix ans. Une arène plus vaste l’attend: en 1997, le gouvernement fédéral la nomme première vice-présidente de la Commission nationale des libérations conditionnelles. Pendant douze ans, elle y fait sa marque. Avec solidité, elle apporte une contribution inspirée de ses convictions.

Après quatre décennies de travail intense, elle prend sa retraite, mais une retraite à son image: engagée à améliorer le monde dans lequel elle vit. Et son monde ne s’arrête pas aux confins de son village. Il suffit de mentionner qu’elle a assumé l’an dernier la charge de la formation des commissaires et du personnel de la Commission nationale des libérations conditionnelles de la Zambie, en Afrique.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les réalisations de madame Collette et sur les témoignages d’appréciation qu’elle a reçus. Mais ne vaut-il pas mieux terminer en lui laissant la parole? Lorsque nous lui avons demandé si elle avait un message pour les diplômés de 2010, elle a insisté sur l’importance de conserver le feu sacré, de garder l’esprit ouvert et critique, de toujours vouloir être des agents de changements. Aux diplômés, elle rappelle que le chemin qu’ils s’apprêtent à parcourir ne sera pas toujours facile, mais qu’il sera jalonné de découvertes et, surtout, de rapports humains incroyablement riches.

Que souhaiter à nos diplômés sinon d’aspirer à une vie personnelle et professionnelle aussi engagée et intense?

Hommage rendu lors de la Collation des grades de premier et deuxième cycles de la Faculté des arts et des sciences - cérémonie du jeudi 17 juin en après-midi.