Prix d'excellence en enseignement
Les Prix d’excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences ont été créés pour reconnaître la contribution de professeures et professeurs, ainsi que de chargées et chargés de cours qui se démarquent par l’excellence de leur enseignement et de l’encadrement qu’ils prodiguent aux étudiantes et étudiants.
Prix d'excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences 2025
Delphine Bouilly
Professeure agrégée au Département de physique, lauréate d’un Prix d’excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences
Delphine Bouilly a comme philosophie d’enseignement la démocratisation des savoirs. Alors qu’elle enseigne au Département de physique des concepts complexes comme la relativité, elle fait preuve d’une réelle innovation dans ce domaine scientifique qui reste très traditionnel dans la transmission des connaissances. Elle cherche plutôt à outiller pour permettre de comprendre.
Tôt dans sa carrière de professeure, elle a pris conscience que les étudiantes et étudiants présents dans sa classe proviennent d’une variété de parcours académiques, et possèdent diverses expériences de vie, bagages culturels et économiques. Ainsi, elle a développé une pédagogie inclusive, intégrant des techniques d’enseignement explicites, qui vise à limiter les barrières pédagogiques qui freinent l’accès à l’apprentissage.
Elle a d’abord revu le modèle de ses plans de cours, ce qui a inspiré plusieurs collègues du Département. Ensuite, elle a rigoureusement conçu son matériel pédagogique aligné sur les objectifs d’apprentissage. Établir des intentions pédagogiques explicites lui permet d’aller plus loin dans la matière, de faire explorer aux étudiantes et aux étudiants des situations plus complexes, mais aussi de leur faire développer une variété de compétences; alors que les cours de physique sont historiquement articulés autour de la théorie. Les compétences sont notamment acquises lors de projets d’équipe qui permettent d’explorer des habiletés essentielles en sciences.
La qualité de son enseignement est largement reconnue de la part des étudiantes et des étudiants qui soulignent sa disponibilité, son engagement, sa clarté et une écoute attentive qui crée un climat d’apprentissage bienveillant et stimulant. Elle s’est d’ailleurs vu décerner de leur part le « Petit Nobel d’enseignement » du Département de physique à trois reprises.
L’encadrement qu’elle offre aux cycles supérieurs se fait également sous le signe de l’excellence alors qu’elle vise le développement des savoirs, savoir-faire et savoir-être de chacune des personnes qui passent par son laboratoire, que ce soit au doctorat, à la maîtrise ou en stage.
Au-delà de ses cours, Delphine Bouilly joue un rôle clé dans l’évolution des pratiques d’enseignement du Département. Elle est à l’initiative de la création d’une communauté de pratique en pédagogie où la communauté professorale peut s’informer et se questionner sur les approches pédagogiques, que ce soit sur les méthodes d’évaluation, les théories de la pédagogie ou encore l’intégration de l’intelligence artificielle en enseignement.
Nicole Saint-Louis, directrice du Département de physique, salue les qualités de la professeure : « Delphine Bouilly ne se contente pas d’enseigner la science : elle forme des esprits critiques, curieux et inspirés. Par son influence, sa générosité et son intégrité, elle fait rayonner l’Université de Montréal et mérite pleinement ce Prix d’excellence en enseignement ».
Jacques Brodeur
Professeur titulaire au Département de sciences biologiques, lauréat d’un Prix d’excellence en enseignement
Pédagogue hors pair et chercheur engagé, Jacques Brodeur reçoit un Prix d’excellence en enseignement pour sa pratique professorale qui conjugue rigueur scientifique, innovation pédagogique et humanité. Pour lui, l’enseignement permet d’éveiller l’intérêt, voire la fascination pour un sujet, afin de former des esprits curieux dotés d’un instinct scientifique.
Sa signature pédagogique est un apprentissage actif centré sur la résolution de problèmes. Alors qu’il a développé l’un des seuls cours universitaires sur le parasitisme au Québec, il amène les étudiantes et étudiants à mobiliser l’ensemble de leurs connaissances pour saisir la complexité des relations hôte-parasite et ainsi tisser des liens de manière globale dans la biologie, en joignant théorie et applications.
L’apprentissage autonome est, selon lui, la clé pour éveiller l’intérêt. Une grande liberté est accordée dans le choix des sujets de séminaire, permettant à chacun d'explorer un thème qui l'intéresse. Les étudiantes et étudiants approfondissent donc un sujet, puis le présentent à leurs pairs, ce qui génère des discussions formatrices. C’est notamment de cette manière qu’il réussit à initier un enthousiasme pour la recherche.
Jacques Brodeur prend le soin de dynamiser ses cours, qui sont d’ailleurs parmi les plus populaires du Département, en variant les contenus : informations liées à l’actualité, études de cas, discussions, conférenciers. Soucieux de maintenir un climat d’échanges de haute qualité sans restreindre l’accès, il a choisi d’offrir son cours à deux plus petits groupes plutôt qu’à une seule grande cohorte.
Son encadrement se distingue par une approche profondément humaine. Il qualifie d’ailleurs son laboratoire de terre d’accueil bienveillante où il écoute, oriente et épaule ses étudiantes et étudiants pour répondre au mieux aux nombreux questionnements que peut susciter la recherche universitaire, le tout dans un environnement convivial. Dans cet espace, Jacques Brodeur propose un accès à des infrastructures de pointe, du soutien en continu, ainsi qu’à du soutien financier, ce qui favorise les occasions de développement comme la participation à des congrès ou encore des stages à l’étranger au doctorat. Les succès de ses étudiantes et étudiants, régulièrement primés pour la qualité de leurs travaux et présentations, témoignent de la force de cet encadrement.
Orateur généreux, il multiplie les présentations pour partager des réalités scientifiques complexes : cours réguliers, séminaires, écoles d’été, présentations grand public, université du troisième âge ou encore MOOC. Selon Annie Angers, directrice du Département de sciences biologiques : « cela démontre son amour pour la transmission des savoirs et sa préoccupation constante à assurer le partage avec la communauté des réalités scientifiques, souvent complexes, mais concrètes et pertinentes pour la société ».
Mais l’ultime motivation de Jacques Brodeur pour l’enseignement se trouve dans l’échange relationnel. Car contrairement à son expertise, le parasitisme, la relation étudiant-professeur est pour lui tout sauf unidirectionnelle. Ce contact quotidien avec des personnes en soif d’apprendre, surtout de la jeune génération, lui permet de suivre et de mieux comprendre l’évolution de notre société.
Natalie Doonan

Professeure agrégée au Département de communication, lauréate d’un Prix d’excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences
Depuis son arrivée au Département de communication en 2019, Natalie Doonan s’est imposée comme une pédagogue innovante et une mentore engagée. Première et seule artiste‑chercheuse du Département, elle conçoit l’enseignement comme un espace d’apprentissage créatif, critique et expérientiel, où la recherche‑création devient une invitation à réfléchir autrement et à tisser des liens sensibles avec le monde pour trouver sa voix.
Au premier cycle, Natalie Donnan a développé des cours en création numérique où s’articulent théorie, créativité et maîtrise des outils de création numérique. Cette synergie entre la théorie et la pratique contribue ainsi à bonifier la qualité de la formation au premier, mais également aux cycles supérieurs.
Guidée par le désir d’ancrer les étudiantes et les étudiants dans leur environnement, elle crée de toutes pièces des cours de cycles supérieurs faisant appel à des dispositifs pédagogiques qui favorisent l’exploration, l’autonomie et la collaboration. Lancé en 2020, le cours Narration numérique est rapidement devenu très populaire. Toujours complet et avec liste d’attente, il propose notamment des excursions pédagogiques et des conférences d’invités de premier plan du domaine multimédia. Les évaluations d’enseignement saluent un cours qualifié de bouffée d’air frais et une pédagogie reconnue comme audacieuse et engageante. En 2025, elle sort des sentiers battus avec Pratiques de recherche immersive, un cours intensif de recherche-création sur le terrain. La première édition a donné lieu à une co-publication multimédia, invitant à la communication interespèces par une visite guidée du parc de Dieppe.
Son apport se manifeste également dans sa contribution exceptionnelle sur le plan de l'encadrement. Selon Chantal Benoit-Barné, directrice du Département de communication, le nombre important d’étudiantes et étudiants encadrés est remarquable : « Le fait que Natalie Doonan ait été sollicitée à de si nombreuses reprises témoigne bien, selon moi, de la grande qualité et de la visibilité de son travail de recherche et de création. En retour, le fait qu'elle ait si souvent accepté ces demandes me semble démontrer son professionnalisme ainsi qu’un engagement profond et sincère envers la réussite étudiante ».
Son encadrement repose sur la rigueur intellectuelle et la liberté créative, tout en étant une mentore attentive aux besoins individuels. Ses initiatives sont innovantes : elle a mis en place un groupe de lecture centré sur des méthodologies ethnographiques, elle propose un espace intellectuel et collaboratif à travers le Laboratoire Création, corps et mouvement ou encore un espace pour réfléchir, comprendre et problématiser en explorant différentes techniques et technologies au Bricolab, dont elle assure la direction.
Natalie Doonan est aussi profondément impliquée auprès d'organismes communautaires, de centres d'artistes locaux, de groupes de recherche ou encore d’entreprises de l’industrie culturelle, ce qui lui permet de créer des occasions formatrices inédites pour ses étudiantes et étudiants. Par exemple, elle a engagé deux étudiantes pour participer avec elle au voyage en voilier Expédition bleue, qui regroupait biologistes et artistes, pour étudier la pollution plastique du fleuve Saint-Laurent, tout en documentant artistiquement le projet.
En soulignant la contribution de Natalie Doonan, la Faculté met en lumière une enseignante innovante, dont le travail contribue à renforcer le dynamisme, l’inclusivité et l’audace pédagogique de la communauté universitaire.
Gabriel Labrie

Chargé de cours au Département de littératures et de langues du monde, lauréat d’un Prix d’excellence en enseignement
Polyglotte et passionné des langues, Gabriel Labrie enseigne l’allemand au Département de littératures et de langues du monde. Avant même qu’il ne soit employé par le Département – alors qu’il était étudiant de premier cycle – il se distinguait déjà par ses présentations et ses prises de parole en classe, laissant entrevoir sa vocation d’enseignant. Aujourd’hui chargé de cours et doctorant, il a su transformer cette aisance naturelle en une démarche didactique réfléchie et une pédagogie inventive, résolument tournée vers l’avenir.
Alors qu’il enseigne la grammaire allemande, une matière reconnue comme particulièrement austère, Gabriel Labrie a su dynamiser ses cours en créant de toutes pièces le matériel pédagogique, s’alignant avec les dernières tendances en enseignement des langues. Il enseigne également Histoire de la langue allemande et Traduire la diversité de l’espace germanophone, mais, quel que soit le cours, la clé de la réussite étudiante est, selon lui, un attachement fort à la matière. C’est pourquoi il s’efforce de transmettre, en plus des connaissances, un réel intérêt pour l’allemand.
Les petits groupes en études allemandes lui permettent de déployer une pédagogie plus personnalisée, dans un climat de confiance propice aux échanges. Ses rétroactions précises et chaleureuses favorisent un apprentissage ciblé, ce qui est décrit comme une chance exceptionnelle de la part de ses étudiantes et étudiants. À cela s’ajoute son désir constant de valoriser tous les parcours, notamment dans des groupes où les niveaux de langue varient. Il réussit à faire en sorte que chacun se sente à sa place, sans anxiété et soutenu dans son cheminement.
S’il brille par son humanité, Gabriel Labrie innove aussi par son rapport aux technologies émergentes. Il figure parmi les pionniers du Département à intégrer l’intelligence artificielle générative dans l’enseignement, alors qu’il en propose une utilisation raisonnée, transparente et collaborative. Dans son cours d’initiation à la traduction, il fournit, par exemple, des traductions brutes produites par IA pour encourager la réflexion critique et discuter des forces, mais surtout des limites de ces outils. Il propose aussi des balados, générés par NotebookLM, qui résument les lectures hebdomadaires pour permettre de développer la compréhension orale de l’allemand. Son utilisation innovante de la technologie est devenue un aspect incontournable de son enseignement, alors qu’il a été invité à présenter son expérience didactique à des collègues de l’UQAM et de l’Université McGill.
Son engagement dépasse le cadre de ses cours, alors qu’il assure le suivi des mobilités étudiantes, guidant celles et ceux qui se préparent à un séjour d’études en Allemagne ou en Autriche. Il contribue également à la vie départementale, à la promotion des programmes dans les cégeps, ainsi qu’à l’organisation des activités de la Journée européenne des langues à l’UdeM, où sa capacité à vulgariser par le jeu attire chaque année un large public amoureux des langues.
Par la manière dont il intègre sa créativité didactique à son approche pédagogique, Gabriel Labrie incarne l’excellence en enseignement. « La façon dont ses qualités humaines viennent soutenir à chaque instant sa vision de l’enseignement, le contact avec les étudiantes et les étudiants, ou de la mission de l’Université en général est tout à fait exceptionnelle », ajoute Manuel Meune, directeur du Département de littératures et de langues du monde.

