Insignes du mérite – 2011

En décernant l'Insigne du mérite, la Faculté des arts et des sciences veut souligner l'œuvre exceptionnelle de personnalités qui se sont brillamment illustrées au cours de leur carrière, dans le cadre d'un projet exceptionnel ou par leur contribution à la société. Cette distinction est également accordée à des personnes qui ont apporté, à quelque titre que ce soit, une contribution importante au développement de la Faculté des arts et des sciences.

Nathalie Bondil

En décernant l'Insigne du mérite, la Faculté des arts et des sciences veut souligner l'œuvre exceptionnelle de personnalités qui se sont brillamment illustrées au cours de leur carrière, dans le cadre d'un projet exceptionnel ou par leur contribution à la société. Cette distinction est également accordée à des personnes qui ont apporté, à quelque titre que ce soit, une contribution importante au développement de la Faculté des arts et des sciences. C'est un grand honneur de décerner cet après-midi cette distinction à Madame Nathalie Bondil.

Nathalie Bondil, qui est directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal depuis 2007, est connue comme l'une des personnalités les plus dynamiques du monde de l'art à Montréal et sur la scène internationale. Elle a réussi à faire de son musée une institution remarquable par la qualité et la diversité de ses expositions. La programmation conçue par Nathalie Bondil permet la convergence des arts et des sciences : une véritable réussite dans le champ de l'interdisciplinarité. Le musée produit et accueille des expositions qui sont autant d'événements rattachés aux beaux-arts, évidemment, mais aussi à d'autres domaines :

  • pensons à la musique avec les expositions Warhol Live, ou Imagine, ou encore We Want Miles, ou encore aux cultures du monde, comme en témoigne la récente exposition L'empereur guerrier de Chine et son armée de terre cuite.
  • pensons également à la mode, avec la spectaculaire exposition La planète mode de Jean-Paul Gaultier. De la rue aux étoiles, qu'elle a inaugurée avant-hier, ou encore l'exposition cette dernière année sur la collection de haute joaillerie de la maison Boucheron inspirée par les spectacles du Cirque du Soleil.

Dès l'automne prochain, elle sera en mesure d'inaugurer le nouveau pavillon du musée consacré à l'art québécois et canadien, le pavillon Claire et Marc Bourgie.

Le parcours professionnel de Nathalie Bondil témoigne d'une belle énergie intellectuelle qui lui permet d'accumuler les réussites. Diplômée en histoire de l'art de l'École du Louvre, elle a réussi le concours de l'Institut national du patrimoine de Paris, où elle a ensuite obtenu un diplôme avec une spécialisation en art et civilisation de l'Europe pour les périodes du XVIIIe au XXe siècle. Devenue membre, en France, du corps des conservateurs du patrimoine de l'État, elle a travaillé comme conservatrice responsable de la nouvelle muséographie de plusieurs salles, au musée des Monuments français.

Nathalie Bondil s'installe à Montréal au moment de sa nomination comme conservatrice de l'art européen au Musée des beaux-arts de Montréal. L'année suivante, elle devient la conservatrice en chef et, sept ans plus tard, elle est nommée directrice générale de l'institution. Nathalie Bondil dira avoir adopté notre société avec conviction, car elle adhère à sa démocratie participative vécue au quotidien.

Son travail exceptionnel a été souligné par l'octroi de plusieurs prix, dont le titre de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres, une distinction qui lui a été remise en 2008 par le gouvernement français afin de souligner son travail de commissaire générale pour l'exposition ¡Cuba! Art et Histoire de 1868 à nos jours, jugée comme étant un projet culturel rassembleur entre le Canada, Cuba et les États-Unis. Le 26 mai dernier, on lui décernait le grade de chevalière de l'Ordre national du Québec (prix qu'elle a reçu hier à Québec), qui souligne la femme d'exception qu'elle est et sa contribution à la société québécoise.

Nathalie Bondil encourage et appuie les relations entre son musée et nos collègues professeurs d'histoire de l'art et de muséologie, et nous nous en félicitons. Ces collaborations plus étroites préfigurent un approfondissement de nos échanges. Nous savons qu'elle souhaite accroître les liens du musée avec l'université et qu'elle caresse de nouveaux projets visant à favoriser la recherche en lien avec les expertises universitaires.

Nous sommes heureux de décerner cette distinction à Madame Nathalie Blondil, qui a mené une brillante carrière, avec une grande imagination et une belle audace. Nous sommes fiers de pouvoir la compter parmi les partenaires de la Faculté des arts et des sciences et de l'Université de Montréal.

Jean-Michel Lacroix

En décernant l’Insigne du mérite, la Faculté des arts et des sciences veut souligner l’œuvre exceptionnelle de personnalités qui se sont brillamment illustrées au cours de leur carrière, dans le cadre d’un projet exceptionnel ou par leur contribution à la société. Cette distinction est également accordée à des personnes qui ont apporté, à quelque titre que ce soit, une contribution importante au développement de la Faculté des arts et des sciences. C’est un grand honneur de décerner ce soir cette distinction au professeur Jean-Michel Lacroix.

La carrière de professeur de Jean-Michel Lacroix commence à l’Université Bordeaux 3 en 1971 alors qu’il est associé aux études des pays anglophones. Il « migre », si l’on peut dire, à Paris en 1989. Il est professeur à l’Institut du monde anglophone de l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle.

Il s’intéresse à la société canadienne sous l’angle de sa diversité, posée en termes de pluralisme ethnoculturel, de facteur religieux, de vote minoritaire, de multiculturalisme ou d’aventure transculturelle. Sa passion pour les sociétés, prises comme civilisation, l’amène à se pencher sur la création littéraire. Il écrit sur les mythes fondateurs de la littérature canadienne, se penche sur l’espace théâtral de Marco Micone, approfondit la compréhension de la Sagouine avec son auteur et dirige un ouvrage sur Margaret Atwood qui reçoit en 1999 le prix du meilleur ouvrage remis par la Margaret Atwood International Society.

Son grand intérêt pour les études canadiennes ne l’empêche pas de traiter de la civilisation américaine. Son Histoire des États-Unis publiée aux Presses universitaires de France en 1996 connaît un très large écho. Ce livre incontournable est plusieurs fois réédité et connaît plusieurs mises à jour, dont la dernière en 2010.

Tout en menant une carrière professorale tambour battant, Jean-Michel Lacroix est appelé à agir comme recteur-chancelier successivement de l’Académie de Besançon, d’Aix-Marseille, d’Orléans-Tours, puis comme recteur-directeur général du Centre national d’enseignement à distance. Cette fonction de grand commis d’État l’occupe durant près de quinze ans. Avec tant d’accomplissements, Jean-Michel Lacroix reçoit plusieurs prix et distinctions, dont celle de Chevalier, d’Officier, puis de Commandeur des Palmes académiques, et de Chevalier de la Légion d’honneur.

Il est en France l’un des principaux canadianistes et il entreprend de fédérer et de valoriser les travaux en études canadiennes aussi bien en France qu’en Europe. Notamment, pendant quinze ans il est rédacteur en chef adjoint de la revue de l’Association française d’études canadiennes et fondateur de la Revue internationale d’études canadiennes. International Journal of Canadian Studies en 1990. Le comité de la revue a d’ailleurs décidé de créer en 2010 le Prix Jean-Michel Lacroix pour le meilleur article.

Les relations entre l’Université de Montréal et Jean-Michel Lacroix sont étroites et s’inscrivent dans la durée. Au moment où il est président de son université, l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle et l’Université de Montréal concluent une entente de collaboration privilégiée, qui a eu depuis un effet structurant sur nos coopérations scientifiques. De plus, à titre de responsable de la Chaire en études canadiennes de la Sorbonne, il reçoit, au cours des onze dernières années, à six occasions des professeurs de la Faculté des arts et des sciences. Cela a permis d’intensifier nos relations et collaborations, tant en matière d’enseignement que de publication. Enfin, rappelons qu’il est l’un des principaux artisans et dirigeants de l’Institut des Amériques, au sein duquel il occupe le poste de vice-président. Ce consortium, qui regroupe près de cinquante institutions universitaires françaises, a décidé d’installer le pôle francophone canadien de l’Institut des Amériques à la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal.

Nous sommes heureux de décerner cette distinction au professeur Jean-Michel Lacroix, qui a su mener parallèlement une carrière exceptionnelle de professeur, de grand commis d’État dans le milieu de l’enseignement, d’auteur prolifique, de spécialiste de la civilisation nord-américaine, de leader dans l’avancement des études canadiennes en France et en Europe, et de partenaire de l’Université de Montréal et, particulièrement, de la Faculté des arts et des sciences.