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Katia Petit

Baccalauréat (2001) et maîtrise (2003) en criminologie

Crédit photo : Jean-François Gravel
Katia Petit

Une femme dévouée au service de la sécurité publique

Katia Petit se distingue dès le début de sa carrière, grâce à sa détermination et sa confiance. Saisissant les occasions présentes, elle fait son entrée au ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP) en tant qu’analyste et agente de recherche en matière de lutte contre le crime organisé et de sécurité de l’État. Animée par sa passion du métier, elle se fraye un chemin, si bien que quatre ans plus tard, elle occupe déjà un poste de cheffe d’équipe à la Direction de la sécurité de l’État. Dans ses diverses fonctions, elle a même contribué à créer de nouvelles législations et participé à la gestion de situations de crises. Lumière sur son parcours inspirant.

Qu’est-ce qui vous a motivée à étudier en criminologie?

Durant mon adolescence, j’aimais visionner des films et des séries portant sur le crime organisé. Mon film culte était Le Parrain. L’analyse de phénomènes criminels m’a toujours captivée, si bien que j’ai longtemps pensé étudier en Techniques policières. C’était toutefois important pour moi de poursuivre des études universitaires, et la criminologie me permettait de combiner à la fois mon intérêt pour cette discipline et les grandes études.

Durant votre baccalauréat en criminologie, saviez-vous que vous souhaitiez travailler pour le ministère de la Sécurité publique?

Je savais que je n’avais pas le profil d’une intervenante en criminologie pour travailler auprès des contrevenants et des victimes. Dès ma deuxième année de baccalauréat, j’ai choisi le profil Analyses et Recherches dans le but d’exercer ces fonctions pour les corps de police. D’ailleurs, mon mémoire de maîtrise a porté sur l’analyse de réseaux criminels, dans le but de travailler en tant qu’analyste en renseignements criminels. Je n’ai cependant jamais travaillé auprès des enquêteurs comme j’imaginais.

Par un concours de circonstances, j’ai été embauchée au ministère de la Sécurité publique. Un collègue criminologue qui y travaillait en recherche et lutte contre le crime organisé m’a ouvert la porte. J’y suis entré d’abord comme étudiante, puis on m’a rapidement proposé un poste d’analyste et agente de recherche.

Quelles sont les compétences acquises durant votre parcours universitaire que vous appliquez maintenant dans votre vie quotidienne au travail?

Dans le profil Analyses et Recherches de mon baccalauréat en criminologie, j’ai appris à analyser les problématiques criminelles et identifier des solutions. C’est en quelque sorte une recette que j’utilise au quotidien dans mes fonctions. Dans la foulée de la commission Charbonneau, j’ai notamment travaillé de très près à l’élaboration de la première loi concernant la lutte contre la corruption au Québec. Comme secrétaire générale ou directrice du bureau du sous-ministre, j’ai pris part au fil des années à de nombreuses réflexions pour tenter de trouver des solutions à des crises ou enjeux touchant la sécurité publique, entre autres lors des travaux de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec.

Comment avez-vous gravi les échelons au sein du Ministère, et quels genres d’obstacles avez-vous rencontrés?

Mon parcours professionnel s’est tracé de lui-même. J’ai gravi les échelons au fur et à mesure, en travaillant et en faisant mes preuves. J’ai eu la chance de travailler avec des personnes qui m’ont appuyée et fait confiance à différentes étapes clés de mon parcours.

Lorsque j’ai fait mon entrée au Ministère comme étudiante, on m’a offert un poste permanent rapidement. Puis, je suis devenue cheffe d’équipe et ensuite un sous-ministre m’a offert mon premier poste de gestionnaire comme secrétaire générale. J’étais relativement jeune pour ce poste d’importance, mais il a cru en moi. Graduellement, on m’a confié de nouvelles responsabilités jusqu’à ce que je sois nommée sous-ministre associée en 2019. Somme toute, j’ai rencontré peu d’obstacles. J’aime les défis, alors j’ai surtout saisi les occasions qui se sont présentées.

C’est un fait : la sécurité publique a longtemps été un milieu d’hommes. C’est encore vrai dans le milieu de l’incendie, mais je n’ai jamais vécu cela comme un enjeu. J’ai toutefois expérimenté le syndrome de l’imposteur quand je suis devenue secrétaire générale. Je n’avais que 32 ans! C’était, à l’époque, un poste réservé aux gens beaucoup plus chevronnés et j’ai trouvé la marche haute. Heureusement, les équipes que nous supervisons nous accompagnent afin d’apprendre les spécificités du domaine dans lequel on exerce.

Quel rôle jouez-vous actuellement dans la gestion des feux de forêt au Québec?

Dans mes fonctions, j’exerce le rôle de coordonnatrice gouvernementale de la sécurité civile. C’est un peu comme être cheffe d’orchestre. Accompagnée de mes équipes et de mes collègues des autres ministères, j’assure la coordination de toutes les ressources gouvernementales qui viennent en soutien aux intervenants de première ligne comme les municipalités, la SOPFEU, les policiers et les pompiers. Dans le cas des présents feux, puisque c’est une saison historique sans comparable, le gouvernement doit apporter un soutien important pour l’évacuation des communautés menacées, l’hébergement des personnes évacuées, le ravitaillement des communautés isolées et de nombreux autres enjeux de sécurité publique. Nous avons même demandé l’aide des Forces armées canadiennes. J’ai aussi le rôle de conseiller et de soutenir les autorités gouvernementales, dont notre ministre qui est le grand responsable. J’ai également fait des points de presse pour informer la population de l’évolution de la situation. Ça m’a sorti de ma zone de confort!

Qu’est-ce qui vous passionne dans votre métier? Quelles compétences et qualités sont requises?

La sécurité publique, je l’ai tatouée sur le cœur et travailler au service de l’État et des citoyens est un privilège. Assurer la protection des personnes est très gratifiant au quotidien. J’occupe un poste permettant de participer à des réflexions et à des décisions qui peuvent changer les choses pour une grande partie de la population. J’ai aussi découvert que j’adorais la sécurité incendie. Les pompiers jouent un rôle clé dans notre société, et il y a beaucoup à faire dans ce domaine.

En tant que sous-ministre associée, je gère la coordination de la réponse aux sinistres et l’aide de premier niveau aux citoyens dans les situations difficiles. Je dois donc faire preuve d’un bon sens politico-administratif et d’une vision stratégique. Ces aptitudes prévalent sur les connaissances du domaine.

Quel message souhaitez-vous adresser aux étudiants et étudiantes, particulièrement à ceux et celles qui hésitent encore à se lancer en criminologie?

Choisissez un domaine qui vous passionne et faites-vous confiance. Puis, sachez vous entourer de personnes qui croient en vous. Vous verrez, les portes s’ouvriront!

Je n’aurais jamais pensé gérer un jour la sécurité civile, les mesures d’urgence et la sécurité incendie.

Les études en criminologie ouvrent la porte à de nombreux métiers et domaines, qui vont de l’analyse à l’intervention, même vers des voies inattendues! Foncez, c’est un domaine passionnant à étudier!