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Doctorats honoris causa 2017

André Dudemaine

Texte hommage prononcé par monsieur Simon Harel, professeur au Département de littératures et de langues du monde, lors de la cérémonie du 3 novembre 2017 à 14 h.

André Dudemaine a contribué de manière exceptionnelle au rayonnement des cultures des peuples autochtones des Amériques. Au cours des trois dernières décennies, il a multiplié les interventions publiques afin de faire en sorte que les arts et la culture des peuples autochtones soient pleinement reconnus, qu’ils puissent rayonner et prospérer. De surcroit, dans le contexte significatif du 375e de Montréal, du 150e de la Confédération canadienne et de la célébration du 10e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, l’année 2017 est toute indiquée afin de rendre hommage à cet acteur important et ce modèle d’inspiration pour les Autochtones et Non-Autochtones. Il est aussi un artisan incontournable de la réconciliation Autochtones-Allochtones au Québec.

Innu, membre de la communauté de Mashteuiatsh, il est l’un des membres les plus éminents du monde du cinéma autochtone, dans lequel il entretient un réseau impressionnant de collaborations. Fondateur et directeur de Terres en vues, société de diffusion des cultures autochtones, André Dudemaine dirige, depuis maintenant plus de 25 ans, le festival multidisciplinaire Présence autochtone de Montréal, une manifestation d’envergure internationale, qui témoigne de la vitalité culturelle et artistique des Premières Nations d’Amérique. Ses actions ont eu des effets concrets et ont notamment permis au festival Présence autochtone de se déployer et de prendre une ampleur sans précédent au fil des ans.

Régulièrement invité à des ateliers de réflexion et de formation partout au monde, il fait partie du Réseau international de création audiovisuelle autochtone (RICAA) et prend la parole à titre d’organisateur, d’animateur, de conférencier et d’intervenant à des tables rondes lors d’évènements culturels et universitaires. Il est aussi très souvent invité pour ses idées et ses conseils pertinents, originaux et porteurs, en vue de la cocréation de colloques et autres évènements donnant une voix aux peuples autochtones. La création du DESS en récits et médias autochtones et du programme de premier cycle en études autochtones à l’Université de Montréal, notamment, en témoigne.

André Dudemaine siège au conseil d’administration de Culture Montréal depuis sa fondation; il est aussi membre du conseil d’administration de l’organisme Architectes de l’urgence et de la coopération, qui soutient plusieurs communautés autochtones, et de celui de DestiNATIONS, Carrefour International des Arts et Cultures des Peuples autochtones.

En 1988, André Dudemaine devient rédacteur en chef de la revue L’Artère. Il est le cofondateur et rédacteur en chef du magazine culturel Terres en vues de 1993 à 1995. Il collabore aussi à d’autres revues, dont 24 Images et Recherches amérindiennes au Québec. De 2002 à 2004, André Dudemaine siège au conseil d’administration du réseau APTN (Aboriginal Peoples’ Television Network), la télévision des Premières Nations au Canada. S’étant d'abord illustré comme réalisateur et animateur culturel, il a aussi collaboré à plusieurs projets d’éducation populaire en Abitibi-Témiscamingue de 1974 à 1976 et a réalisé des émissions de télévision pour Télé-Québec entre 1977 et 1984.

Cofondateur et président de la Semaine de cinéma régional en Abitibi-Témiscamingue en 1975, précurseur de l’actuel Festival International d’Abitibi-Témiscamingue, il réalise Abijévis, un court métrage expérimental, sélection du Festival de Belfort en France, et assiste Arthur Lamothe, cinéaste de premier plan, pour la réalisation du long-métrage documentaire L’écho des songes de 1986 à 1988.

Au fil des ans, l’importante contribution d’André Dudemaine a été saluée par plusieurs prix. L’Association d’affaires des Premiers Peuples lui a ainsi décerné le prix d’excellence Mishtapew en 2001, en 2002 et en 2003. En 2002, il recevait aussi le prix Jacques-Couture de l’Assemblée nationale du Québec pour le rapprochement interculturel, en hommage à son rôle de président de la Corporation des fêtes de la Grande Paix de Montréal (1701-2001) de 1999 à 2002.

Christine Sioui Wawanoloath, écrivaine, illustratrice et artiste multidisciplinaire abénakise, dit de lui : « On peut dire d’André Dudemaine qu’il est un chevalier à l’armure de plumes, comme celle que porterait un chevalier aztèque, haute en couleurs et flamboyante. Il n’hésite jamais à monter à l’assaut pour défendre ses idées et idéaux aux causes des Premiers Peuples tant en paroles, car il a la verve fluide et convaincante, qu’en écrits. Pour André Dudemaine, qui dit arme dit plume, celle dont il se sert pour rédiger ses opinions et recommandations pour améliorer le monde. »

André Dudemaine est un être d’exception. En lui conférant un doctorat honoris causa, l’Université de Montréal tient à souligner l’envergure de ses actions dans les domaines des expressions artistiques autochtones. Son attitude visionnaire a permis la création, puis le rayonnement de partenariats et de réalisations qui contribuent à développer des pratiques de recherche et d’enseignement au diapason de l’effervescent milieu artistique et culturel autochtone au Québec. C’est avec fierté que la Faculté des arts et des sciences s’associe à la remise de ce doctorat honoris causa à André Dudemaine.